Autour de buffets

Autour de buffets

Photo indépendante du récit.

J’avais commencé par dire à A. en prenant place à notre table de deux, juste après être allée chercher ma première tournée d’aliments salés du buffet, que ça faisait un an depuis la dernière fois qu’on s’était vues, sur la terrasse d’un café du quartier du Marais, autour d’un verre. Le brunch était dans le même restaurant que la dernière fois avec la famille, je l’avais choisi à nouveau pour ses plats que j’avais trouvés bons même si/car le choix n’était pas faramineux. En un an il peut se passer de grands changements, et c’est le cas de nos vies respectives, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel. Sans arrière-pensée et seulement parce que j’avais trouvé la remarque juste, sans qu’elle ne soit révolutionnaire, loin de là, j’ai ajouté avoir vu sur une des publications poussées sur Insta que les amies, une fois adultes se retrouvent à faire le débrief de la vie de chacune après avoir tenté de trouver dans nos emplois du temps chargés l’alignement des disponibilités. En comparaison avec l’enfance où l’on vivait les choses ensemble (rien de surprenant), on fait le bilan de nos vies. Après notre papotage de retrouvailles, de récits de vie oraux, des sentiments que les aléas génèrent, la petite marche digestive nous a amenées à longer le faubourg St-Antoine, et au gré du hasard, dans une rue adjacente, à entrer dans une petite boutique de jouets indépendante en liquidation. J’ai fini par trouver un petit objet pour O., bandana de pirate qu’il pourrait mettre à un prochain carnaval ou autre événement déguisé organisé par l’école ou chez un copain à lui. Puis la balade s’est poursuivie jusqu’à Nation. Sur le chemin A. me parle d’un déjà-vu à un petit carrefour du 11e, et nous entamons une discussion sur des sujets un peu moins cartésiens. On se quitte sur le quai du métro de la ligne 9 direction Montreuil, en interrompant l’envie de continuer des discussions plus profondes mais qui auraient sûrement lieu dans un futur proche.

Pendant ce temps, O. et son père vivaient une pâle copie de ma situation, dans la maison d’un ami, accompagnés de plusieurs enfants et adultes mais sous le même ciel pluvieux.