C’est une destination qu’on a tendance à choisir à la fois « par défaut » car la région ne se trouve pas si loin de la région parisienne, ni suffisamment trop près, et aussi car l’identité bretonne me fait toujours me sentir dans un endroit de France très singulier, presque comme si je me trouvais à l’étranger. Le succès de la Bretagne est totalement justifié : il n’y fait jamais trop chaud l’été et les âmes solitaires légèrement poètes et mélancoliques comme les nôtres apprécient ses terres enchantées et ses paysages de mers brutes. La culture et la gastronomie sont également reconnues et on ne se prive jamais d’acheter des produits locaux dont le fameux kouign amann lorsqu’on s’y trouve. J’avais beaucoup aimé le Finistère et ses phares et j’espère y retourner un jour, même si c’est pour se rendre à nouveau aux endroits déjà visités.
J’ai remarqué qu’on suivait souvent un même schéma au sujet des logements choisis comme pied-à-terre temporaires. Il s’agit de petites maisons en bord de mer ou non, éloignées des centres urbains, avec un intérieur spacieux, joliment décorées sans être trop chargées ni impersonnelles, simples et sobres mais bien équipées pour qu’on ne manque de rien. Cette fois nous n’avons dérogé à cette règle et la maison avait même un petit jardin qui en faisait le tour. O. était bien content de faire le petit fou en lançant ses chaussons d’un bout à l’autre pour courir les ramasser. De mon côté je me suis amusée à répondre à ses provocations en le poursuivant sur le gazon vert bien entretenu et à le grignoter une fois que je l’avais emprisonné dans mes bras.
Le premier jour, après 1h30 de route, en début d’après-midi nous avons fait une pause pour manger nos sandwichs achetés dans la gare de Rennes. J’avais repéré sur Google Maps un point de vue à couper le souffle sur les hauteurs d’une falaise de Pordic, où deux bancs étaient tournés vers la mer. Sur l’un d’eux, celui d’où l’on pouvait admirer les magnifiques vagues de côté, nous nous sommes assis et nous avons mangé notre repas, admirant la plage de haut sous un ciel nuageux et menaçant qui n’empêchait pas les locaux de pratiquer le kitesurf. Nous étions attendus par ma soeur et sa famille pour le quatre heures des enfants et avons du nous remettre en chemin car il fallait passer faire quelques courses avant de rejoindre la maison pour y déposer nos affaires. Au départ nous avions rendez-vous sur une plage de la commune où nous logions et, le goûter sur la plage au vu des rafales de vent était impossible. C’est dans un bar de la place du village tenu par des gérants au look typique breton où nous avons finalement fait escale.
J’ai beaucoup écouté de musiques de Yann Tiersen mais aussi une interview de lui sur ses propos écologiques, ses observations lors de ses voyages au Groenland à bord de son bateau, j’ai repensé à mon séjour dans l’écolieu il y a presque 14 ans, j’ai réfléchi à ma façon de vivre en comparaison.
O. a été de très bonne humeur toute la durée de notre voyage et c’était très plaisant de le voir aussi joyeux. Lui qui ne comprenait pas pourquoi j’avais été tous les soirs sur mon ordinateur sans trop m’occuper de lui les trois mois passés, j’étais enfin disponible pour lui.


Le denier jour, la pluie s’était abattue sur le trajet Saint-Brieuc > Rennes (portion de route nationale que je trouve d’un ennui absolu). Pendant quelques secondes où nous sommes passés sous des trombes d’eau qui empêchaient toute visibilité, j’ai eu très peur sur la route. Heureusement, je roulais lentement et les autres véhicules aussi, mais le fonctionnement intelligent des essuis-glaces ne l’était pas tant que ça au vu de lenteur à laquelle ils débarrassaient de l’eau sur le pare-brise. Arrivés à la gare de Rennes après des difficultés à trouver le parking aux 10 étages, je me disais que la pluie bretonne avait un charme qui la rend si spéciale.





