Les vacances hivernales passées au soleil dans le but d’avoir des journées lumineuses, de pouvoir sortir sans le manteau de laine, à me remettre de la grisaille parisienne, ont pris fin.
Au retour -nous l’attendions- s’est enchaînée une épreuve pour O. qui a su faire preuve d’un grand courage. Dans la chambre réservée pour la demi-journée, une fois de plus nous lui avons beaucoup parlé de ce qui allait arriver et l’avons rassuré sur le fait qu’il ne fallait pas qu’il s’inquiète, que tout se passerait bien. Au moment où on a toqué à la porte de la chambre pour venir le chercher, nous l’avons installé sur le brancard, accompagné jusque dans le couloir et lui avons dit « à tout à l’heure », le voyant s’éloigner, vêtu de son pyjama, de ses chaussons et de sa charlotte (c’est ce qui me faisait le plus craquer sur lui) avec le brancardier vers l’ascenseur. Juste après je suis passée prendre dans la boulangerie la plus proche (pas la meilleure), des viennoiseries et des pâtisseries pour notre petit-déjeuner express et éventuellement quelque chose qui ferait plaisir à O. lorsqu’il serait revenu, s’il en était autorisé. R. est remonté avec deux cafés du distributeur deux étage plus bas. La fenêtre de la chambre donnait sur l’autoroute qui se trouvait à plusieurs centaines de mètres du bâtiment, ce qui n’était pas la plus agréable des vues mais comblait suffisamment O. pour son goût d’observer les véhicules qui passaient à toute vitesse.
Sur la petite table du coin du mur, sur la chaise qui allait de paire, j’ai commencé à ouvrir le livre Nagori évoqué dans un article précédent, que je savais que je lirais pendant ce moment d’attente. Il se trouve être, pour le moment du moins, une réflexion sur la saisonnalité et de ce que j’ai pu en lire jusque-là, il traite des aliments de saison, thème que je trouve très original et assez inédit (c’est ma maigre culture littéraire qui parle). Le contexte un peu spécial de la lecture des premières pages de ce livre me marquera.
Mars est déjà là et l’ensoleillement est annoncé pour les jours à venir, me faisant rappeler l’été tant nous avons manqué cruellement de lumière.
